vendredi 3 juillet 2026

SI UN MATIN D’ÉTÉ, UN VOYAGEUR (JOSÉ CARLOS LLOP) ET LE COSMOS

    Le cosmos nous émerveille mais finit par nous angoisser : il ne défend pas ni ne fournit notre solitude mais il souligne notre insignifiance. Un plaisir pour nous de contempler les étoiles et encore plus, les constellations, et un objet inventé pour les hommes , comme le Huble- quelle chose Spinoza dirait aujourd’hui- continue de nous envoyer des images merveilleuses de ce qui existe « au-delà. » Mais on suspecte que dedans ce « au- delà » on trouve ce que nous ne sommes pas: notre dissolution, Dans la mer se trouve la vie et la mort, mais pas notre dissolution. Il agirait comme une métaphore du paradis et serait la raison que face à la mer certains d’entre nous écrivions plus et la contemplation nous incite a l’écriture .


 
 

Avant la contemplation du cosmos il y a deux positions ; scientifique ou philosophique. Mais il existe une troisième; l’option littéraire, poétique , de longue tradition, voilà celle de Jorge Guillén qui parle de notre modeste banlieue.

La mer, et c’est en cela qu’elle diffère du cosmos, peut être observée à des échelles très diverses, sous des aspects variés : contempler la haute mer n’est pas la même chose que contempler une petite crique, plus raisonnable. Dans le poème Le gustaban pocas cosas (« Il aimait peu de choses ») de Manuel Alcántara, le poète énumère les quelques choses simples que son père aimait, parmi lesquelles figure cette contemplation mesurée de la mer :

Lui plaisaient peu de choses ;

L’alcool et les fenêtres,

La mer depuis la colline,

Ls mer dedans la plage, l’arôme des jasmins,

Les livres au l’aube

Le soleil, le pain maison,

Quevedo, se souvenir de l’Afrique,

Les nuits et les amis,

L’été et tes cils

  

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